OULED JELLABA de Rochdi Belgasmi aux Journées Théâtrales de Carthage 2017

Par le 5 décembre 2017

Dans ce solo, Rochdi Belgasmi ressuscite le Tunis populaire et festif des années 20, ses chanteurs de cabaret, saltimbanques et danseurs travestis.

Les femmes n’ayant pas le droit de danser en public, les hommes s’emparaient des codes et des gestuelles féminins. Et la culture populaire encensait ces figures transgressives, à l’image d’Ouled Jellaba, alors très sollicité par le public de la Médina.

La libération des femmes, leur accès à l’espace public et aux scènes, a marginalisé et exclu ces danseurs, devenus réprouvés et éloignés des lieux qu’ils avaient animés.

Au travers de cet étonnant personnage de danseur, jongleur, chanteur, le chorégraphe-interprète interroge les tabous liés au genre dans la danse et la société tunisienne. Le public aura ainsi à découvrir à travers ce spectacle Tunis dans les années 20, à l’époque où les cafés chantants attiraient les foules avec des chanteurs, magiciens, acrobates et danseurs populaires. Des danseurs travestis y reprenaient des chorégraphies normalement dévolues à la gent féminine.

L’interdiction pour les femmes de danser en public ou dans les cafés chantants ouvrait un espace légitime à cette pratique du travestissement. Quand les femmes ont conquis le droit de danser et de chanter dans les cafés, ces danseurs travestis ont été ostracisés et relégués aux quartiers mal famés de Tunis. C’est à un de ceux-là que le chorégraphe tunisien Rochdi Belgasmi rend hommage dans Ouled Jellaba. Ce solo braque les lumières sur la question du genre et de la sexualité dans la pratique de la danse tunisienne.

Rendez-vous le 16 décembre à 15h au Théâtre El Hamra de Tunis

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